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Troubles digestifs
Les fonctions altérées
« Pourquoi je digère mal ? »
La digestion est une chaîne qui commence dès l’étape de préparation des repas : chaque organe prépare le travail du suivant. Quand un maillon fonctionne mal, les répercussions apparaissent aux maillons suivants.
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Une origine buccale ?
La digestion peut déjà être perturbée avant la première bouchée.
Les indices d’un déséquilibre buccal
- Les signes de sécheresse buccale : soif, difficulté à avaler les aliments secs, brûlures
- Les signes de déséquilibre local : mauvaise haleine persistante, langue chargée, gencives qui saignent, aphtes récurrents, caries, parodontites
- Les autres signes de déséquilibre : difficultés à digérer les glucides, ballonnements, lourdeurs, majoration des symptômes en période de stress…
Initiez-vous correctement votre phase céphalique de digestion ?
Avant même d’arriver en bouche, la vue, l’odeur puis le goût des aliments préparent la suite : ce sont des stimuli qui déclenchent un signal partant du cerveau et passant par le nerf vague, pour stimuler la production des sécrétions de l’estomac, du pancréas et de la vésicule biliaire. Ne pas cuisiner, manger vite ou en étant distrait court-circuite cette préparation.
Est-ce que votre bouche fait son travail ?
En bouche, deux actions complémentaires transforment les aliments en bol alimentaire, une pâte molle prête à être avalée : la mastication, action mécanique, et l’insalivation, action chimique. Ce qui se passe à cette étape conditionne la qualité de tout ce qui suit.

Est-ce que votre mastication est suffisante ?
La mastication a trois effets :
- elle fragmente les aliments, c’est la première étape de la digestion mécanique ;
- elle les mélange à la salive, ce qui facilite la déglutition ;
- elle multiplie la surface de contact entre les aliments et les enzymes digestives.
Ce dernier point est essentiel : les enzymes n’attaquent les aliments qu’en surface. Un aliment mal mâché arrive en morceaux trop gros, plus difficiles à digérer. Pas de digestion, pas d’assimilation et un risque de fermenter plus loin dans l’intestin.
Est-ce que la composition de votre salive permet d’initier la digestion ?
La salive est composée à 99,5 % d’eau, d’électrolytes et de substances actives :
- Digestive : première phase de digestion des glucides avec l’amylase salivaire, et des lipides avec la lipase linguale. Elle permet aussi de lubrifier les aliments.
- Antimicrobienne : défend la bouche contre les micro-organismes grâce au lysozyme et aux anticorps (immunoglobulines A sécrétoires, premières défenses immunitaires de la muqueuse).
- Gustative : dissout les particules alimentaires et stimule les récepteurs du goût.
- Protection des dents : rince en permanence la denture et participe à la reminéralisation de l’émail grâce à ses minéraux.
Votre microbiote oral est-il un foyer de bactéries ?
La bouche abrite le deuxième microbiote le plus riche du corps après l’intestin. Son déséquilibre est associé aux maladies des gencives et à l’apparition de caries et peut jouer le rôle de foyer infectieux impactant l’estomac et l’intestin.
Mon intervention
Identification des perturbateurs – Optimisation du terrain et du mode de vie – Soutien de la fonction (liste non exhaustive)
- Comportement alimentaire : durée et vitesse des repas, nombre de mastications, environnement (écrans, travail, stress)
- Stress, qui réduit la production de salive
- Hydratation
- État dentaire et gingival, et un suivi régulier chez le dentiste
- Respiration buccale
- Prise de médicaments qui assèchent la bouche
- Tabagisme, consommation de sucres raffinés, usage répété de bains de bouche antiseptiques
- Supplémentation ciblée : muqueuses, immunité, enzymatiques
- Passage d’analyses spécialisées : polymorphismes génétiques, identification d’une immunité peu active
Et si c’était votre estomac ?
En consultation, avec ou sans symptômes gastriques, je questionne toujours avec rigueur le bon fonctionnement de l’estomac.
Quels sont les signes évoquant une fonction gastrique altérée ?
Un estomac qui ne remplit pas correctement ses fonctions se traduit souvent par :
- gastrite
- éructations
- reflux ou brûlures d’estomac
- nausées
- ballonnements, lourdeur après les repas
- satiété précoce
- carences en certaines vitamines et minéraux
- présence d’un SIBO
Votre estomac brasse-t-il et vidange-t-il correctement ?
Après le repas, l’estomac brasse son contenu puis le libère progressivement dans l’intestin grêle, par petites quantités. Ce rythme est finement régulé. Une vidange trop lente donne une sensation de lourdeur, une satiété rapide, des nausées et peut favoriser le reflux. Une vidange trop rapide peut provoquer malaises et diarrhées après le repas.
Votre estomac produit-il le bon niveau d’acidité ?
Chaque jour, l’estomac sécrète 1,5 à 3,5 litres de suc gastrique. Ce suc contient des enzymes ainsi que de l’acide chlorhydrique, dont les rôles sont multiples :
- Digérer les protéines : il les déplie et active la pepsine, l’enzyme qui commence à les découper
- Préparer l’absorption de certains nutriments : fer, vitamine B12, calcium, zinc
- Protéger : antibactérien naturel, il détruit une grande partie des bactéries et levures ingérées et limite leur prolifération dans l’intestin grêle
- Déclencher la suite : l’arrivée du contenu acide dans le duodénum stimule les sécrétions du pancréas et de la vésicule biliaire
Cette sécrétion est finement régulée par des hormones produites par la paroi gastrique, comme la gastrine, qui l’ajustent au contenu du repas.
Une acidité insuffisante peut passer inaperçue. Elle peut se manifester par une lourdeur après les repas riches en protéines, des éructations, des ballonnements, voire certains reflux. Elle favorise aussi des déficits micronutritionnels, une stimulation insuffisante de la vésicule biliaire et du pancréas, et une mauvaise digestion des protéines qui nourrit les dysbioses intestinales de putréfaction. En effet, si vous n’assimilez pas vos protéines, d’autres s’en chargeront à votre place : votre microbiote intestinal !
À l’inverse, un excès d’acidité (hyperchlorhydrie), plus rare, peut agresser la muqueuse et favoriser gastrite et ulcère.
Votre estomac a-t-il une fonction barrière et une muqueuse intègre ?
Pour résister à sa propre acidité, l’estomac est tapissé d’une couche de mucus riche en bicarbonates, renouvelée en permanence. La muqueuse produit aussi le facteur intrinsèque, sans lequel la vitamine B12 ne peut pas être absorbée.
Quand cette protection est fragilisée, la muqueuse s’enflamme : c’est la gastrite. Elle peut provoquer des brûlures, des douleurs à l’estomac et, si elle dure, réduire la production d’acide et de facteur intrinsèque, et, dans les cas les plus graves, évoluer vers un ulcère.
Cela peut surprendre, mais une sensation de brûlure ne signifie pas toujours un excès d’acidité : elle traduit souvent une muqueuse fragilisée. Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) soulagent les symptômes, mais ne traitent pas toujours la cause, et leur prise prolongée n’est pas sans conséquences, notamment sur l’absorption du fer, de la vitamine B12 et du magnésium.
Voici donc le combo gagnant d’une fonction gastrique complète et efficace : une acidité suffisante et non excessive, une muqueuse saine et une vidange au bon rythme.
Mon intervention
Identifier les perturbateurs – Optimiser le terrain et le mode de vie (liste non exhaustive)
- Une cause pathologique, comme le diabète
- Les situations médicales : la présence d’une hernie hiatale (reflux), etc.
- Votre historique : traitements prolongés anti-acides ou IPP, recherche ou traitement d’H. pylori, prise d’anti-inflammatoires (AINS)
- La prise de médicaments ayant des effets connus sur la vidange
- Un système parasympathique sous-activé
- L’âge, avec une baisse progressive de l’acidité
- La composition de vos repas (en protéines, lipides, glucides) et leur durée
- L’organisation des repas : volume, rythme, densité en graisses qui ralentissent la vidange, stress au moment de manger
- Les aliments qui stimulent ou tamponnent l’acidité
- Le stress chronique
- La consommation d’alcool et de tabac
Enquête sur les déséquilibres liés aux interconnexions avec les sphères hormonales, immuno-inflammatoires, nerveuses, par exemple :
- Un ralentissement thyroïdien, un manque d’énergie disponible pour les cellules productrices d’acide (fonction mitochondriale), la présence de troubles liés à l’histamine…
La recherche et prise en charge des déséquilibres
- Bilan nutritionnel
- Bilans ciblés
- Analyses spécialisées
Mise en place d’un protocole de supplémentation pour rétablir la fonction altérée.
Et si c’était les acides biliaires ?
On pense rarement au foie et à la vésicule biliaire quand on parle de digestion. Pourtant, vous n’imaginez pas le nombre de patients concernés par des « troubles intestinaux » dont l’origine est biliaire…
Quels sont les signes fréquents d’une fonction biliaire perturbée ?
Une bile insuffisante, trop épaisse ou mal libérée se traduit souvent par :
- une digestion difficile des repas gras, avec lourdeur, nausées, ballonnements ou diarrhées
- une gêne sous les côtes, du côté droit
- des selles claires, grasses ou flottantes
- des carences en vitamines liposolubles (A, D, E, K)
- une dysbiose ou une prolifération bactérienne dans l’intestin grêle
- une moindre élimination du cholestérol, qui peut contribuer à son augmentation
- une élimination moins efficace de certains médicaments et polluants
- une moindre élimination des œstrogènes, qui peut participer à certains déséquilibres hormonaux, comme un SPM
- une irritation de la muqueuse du duodénum, lorsque l’acidité venue de l’estomac est moins bien neutralisée par les bicarbonates de la bile et du suc pancréatique
Une bile qui stagne dans la vésicule favorise aussi la formation de boues et calculs biliaires.
Petit rappel du rôle des acides biliaires
Les acides biliaires sont fabriqués par le foie à partir du cholestérol. C’est d’ailleurs la principale voie par laquelle l’organisme élimine son cholestérol. Dans l’intestin, ils remplissent plusieurs fonctions :
- Émulsionner les graisses : comme un liquide vaisselle, ils fragmentent les gouttelettes de graisse en très petites particules, sur lesquelles la lipase pancréatique peut agir.
- Permettre leur absorption : ils transportent les graisses digérées jusqu’à la paroi intestinale, ainsi que les vitamines liposolubles A, D, E et K.
- Réguler le microbiote : leur action antimicrobienne contribue à limiter la prolifération bactérienne dans l’intestin grêle.
- Éliminer certaines substances : la bile sert aussi de voie d’élimination pour des hormones (dont les œstrogènes), des résidus de médicaments et des polluants, évacués ensuite dans les selles.
Quelle étape entre la production, l’excrétion ou le recyclage des acides biliaires est perturbée ?
Les acides biliaires suivent un circuit en plusieurs étapes, au cours duquel ils changent de forme :
- Dans le foie, production des acides biliaires primaires. Le foie transforme le cholestérol en deux acides biliaires primaires : l’acide cholique et l’acide chénodésoxycholique.
- Dans le foie, conjugaison. Ces acides sont ensuite associés à un acide aminé, la glycine ou la taurine. Devenus des sels biliaires conjugués, ils sont plus solubles et bien plus efficaces pour émulsionner les graisses. Ils sont alors stockés dans la vésicule.
- Dans l’intestin grêle, action digestive. Libérés au moment du repas, ils émulsionnent les graisses et forment de minuscules transporteurs, les micelles, qui les amènent jusqu’à la paroi intestinale.
- À la fin de l’intestin grêle, recyclage. Environ 95 % des sels biliaires sont réabsorbés et renvoyés au foie par la veine porte, pour être réutilisés. Ce recyclage se répète plusieurs fois par jour.
- Dans le côlon, transformation par le microbiote. La petite fraction qui atteint le côlon est déconjuguée par les bactéries, puis transformée en acides biliaires secondaires (acide désoxycholique, acide lithocholique). Une partie est réabsorbée, le reste est éliminé dans les selles.
Cet équilibre compte : les acides biliaires secondaires sont utiles à faible dose, mais irritants pour la muqueuse lorsqu’ils sont en excès. Et en cas de prolifération bactérienne dans l’intestin grêle, la déconjugaison se produit trop tôt : les sels biliaires perdent leur efficacité avant d’avoir fini leur travail, et la digestion des graisses en pâtit.
Le foie, la bile et le microbiote fonctionnent donc en boucle : un microbiote déséquilibré perturbe la transformation des acides biliaires, et une bile insuffisante favorise à son tour la dysbiose.
Mon intervention
Identifier les perturbateurs – Optimiser le terrain et le mode de vie (liste non exhaustive)
- Ce qui arrive des étages supérieurs : acidité gastrique insuffisante, protéines mal digérées
- Votre alimentation : régimes très pauvres en graisses ou en protéines, jeûnes répétés ou perte de poids rapide, qui laissent la bile stagner, manque d’AGCC
- Une ablation de la vésicule biliaire, qui modifie la libération de la bile
- Une dysbiose de l’intestin grêle ou du côlon, qui perturbe le cycle entéro-hépatique
Enquête sur les déséquilibres liés aux interconnexions avec les sphères hormonales, immuno-inflammatoires, nerveuses, par exemple :
- Un ralentissement thyroïdien, l’hyperinsulinisme, un excès d’œstrogènes…, qui influencent le flux biliaire
La recherche et prise en charge des déséquilibres
- Bilan nutritionnel
- Bilans ciblés
- Analyses spécialisées des acides biliaires
Mise en place d’un protocole de supplémentation ciblant le rétablissement du cycle biliaire.
L’intestin grêle, le lieu de l’absorption
C’est dans l’intestin grêle que les aliments sont digérés jusqu’à leurs plus petites unités, puis absorbés. En consultation, j’évalue trois piliers, communs à l’intestin grêle et au côlon : la fonction barrière, la motricité et le microbiote.
Quels sont les signes d’un intestin grêle perturbé ?
Un intestin grêle en déséquilibre (dysbiose, SIBO, prolifération de levures) se traduit souvent par :
Les indices d’une dysbiose du grêle
- Le délai d’apparition des symptômes : des ballonnements qui surviennent rapidement après le repas orientent vers l’intestin grêle plutôt que vers le côlon
- L’aspect des selles : selles grasses, flottantes ou contenant des aliments non digérés
- Les signes de malabsorption : carences en fer, B12, folates, vitamine D, perte de poids
- Les intolérances alimentaires : lactose, fructose, FODMAP
- Un transit irrégulier : gaz, douleurs abdominales, diarrhée, constipation ou alternance des deux
Les signes évoquant une candidose
- Des envies de sucre marquées, difficiles à contrôler
- Des mycoses récidivantes : vaginales, buccales, cutanées ou des ongles
- Une langue blanchâtre au réveil
- Des ballonnements aggravés par les sucres, l’alcool et les aliments fermentés
Les signes extra-digestifs
- Une fatigue persistante et un brouillard mental
- Des problèmes de peau : eczéma, acné, rosacée
- Des douleurs articulaires ou musculaires diffuses
- Des sensibilités alimentaires qui se multiplient
Vos capacités enzymatiques sont-elles suffisantes pour bien découper les aliments ?
Trois acteurs se relaient :
- Le pancréas libère les enzymes qui découpent protéines, graisses et glucides, ainsi que des bicarbonates qui neutralisent l’acidité venue de l’estomac
- La bile, produite par le foie et stockée dans la vésicule, émulsionne les graisses pour les rendre digérables et permet l’absorption des vitamines A, D, E et K
- La bordure en brosse de la paroi intestinale achève le travail avec ses propres enzymes, comme la lactase, qui digère le lactose
Absorbez-vous correctement les nutriments ?
C’est dans l’intestin grêle que nous absorbons ce que nous mangeons. La paroi de l’intestin grêle est plissée en villosités, elles-mêmes couvertes de microvillosités. Cette architecture démultiplie la surface d’échange. Quand elle s’abîme, sous l’effet d’une inflammation ou d’une maladie cœliaque, l’absorption diminue et des carences s’installent.
Votre intestin joue-t-il son rôle de filtre sélectif ou au contraire, est-il poreux ?
La muqueuse intestinale filtre de manière sélective les molécules qui passent dans la circulation sanguine (nutriments, eau, minéraux) et celles qui seront éliminées dans les selles. Cette sélectivité repose sur trois lignes de défense complémentaires :
- Le mucus : un gel qui tapisse la paroi, la lubrifie et tient les bactéries à distance des cellules.
- Les jonctions serrées : des « coutures » qui relient les cellules intestinales entre elles et contrôlent ce qui passe entre elles.
- La barrière immunitaire : la paroi intestinale héberge une large part de notre système immunitaire, qui surveille en permanence ce qui la traverse et produit des anticorps protégeant la muqueuse.
Lorsque l’une de ces lignes cède, la barrière devient trop perméable. Des toxines, des fragments bactériens (lipopolysaccharides ou LPS) ou alimentaires peuvent alors la franchir et passer dans la circulation sanguine, entretenant une inflammation de bas grade aux répercussions multiples. On parle alors de syndrome de l’intestin perméable (leaky gut) ou d’hyperperméabilité intestinale.
Si le syndrome de l’intestin perméable (leaky gut) n’est pas reconnu comme une maladie à part entière en médecine conventionnelle, l’hyperperméabilité intestinale est un phénomène biologique bien documenté. Elle accompagne notamment le syndrome de l’intestin irritable, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et certaines maladies auto-immunes.
Votre intestin se contracte-t-il suffisamment pour faire avancer le bol alimentaire ?
Pendant la digestion, l’intestin grêle alterne deux types de contractions : la segmentation, qui mélange le chyme aux sucs digestifs, et le péristaltisme, qui le fait progresser. Ces mouvements sont pilotés par le système nerveux de l’intestin et modulés par le système nerveux autonome : le système parasympathique, actif au repos, les stimule, tandis que le système sympathique, activé par le stress, les freine.
Entre les repas, l’intestin grêle effectue un balayage régulier, le complexe moteur migrant (CMM). Cette vague de vidange pousse les résidus et les bactéries vers le côlon. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’intestin grêle contient normalement beaucoup moins de bactéries que le côlon. Si ce balayage est perturbé, les bactéries peuvent y proliférer : c’est la pullulation microbienne de l’intestin grêle (SIBO, IMO, ISO).
Existe-t-il un SIBO, un IMO, un ISO ou une candidose ?
L’intestin grêle abrite naturellement peu de micro-organismes. Plusieurs mécanismes les y maintiennent en faible quantité : l’acidité gastrique, la bile, le balayage du complexe moteur migrant et la barrière immunitaire. Quand ces verrous lâchent, une prolifération peut s’installer :
- SIBO : prolifération excessive de bactéries dans l’intestin grêle, caractérisée par une surproduction d’hydrogène (H₂)
- IMO : prolifération d’archées productrices de méthane pouvant toucher le grêle ou le côlon, souvent associée à la constipation
- ISO : surproduction de sulfure d’hydrogène (H₂S)
- SIFO : prolifération de levures, comme Candida
Ces déséquilibres se traduisent souvent par des ballonnements précoces après le repas et une sensibilité accrue aux glucides fermentescibles ou aux protéines. Ces derniers aggravent les symptômes, mais n’en sont pas la cause : c’est pourquoi je recherche ce qui a permis la prolifération, notamment une acidité gastrique ou une sécrétion biliaire insuffisante.
D’abord, on se pose ensemble la question : pourquoi existait-il un terrain ayant permis cette prolifération et comment le rétablir ? Il faut identifier votre terrain pour individualiser la prise en charge.
Mon intervention
Identifier les perturbateurs – Optimiser le terrain et le mode de vie (liste non exhaustive)
- Les fonctions digestives en amont et en aval : mauvaise mastication, perturbation de la fonction gastrique, sécrétion pancréatique ou biliaire insuffisante, dysbiose colique
- Les prédispositions génétiques (mutations)
- Les antécédents médicaux : chirurgie abdominale (adhérences), gastro-entérites et intoxications alimentaires (altération de la motricité), endométriose…
- Les médicaments et toxiques : certains médicaments, polluants environnementaux
- Le rythme des repas : présence de grignotage (qui met à l’arrêt le CMM), espacement insuffisant des repas
- L’alimentation : produits ultra-transformés, consommation excessive d’alcool, déficiences en nutriments
- Le mode de vie : stress chronique, excès de sport
Enquête sur les déséquilibres liés aux interconnexions avec les sphères hormonales, immuno-inflammatoires, nerveuses, par exemple :
- Un ralentissement thyroïdien, un excès ou un manque d’œstrogènes, une inflammation chronique, un déséquilibre orthosympathique…
La recherche et prise en charge des déséquilibres
- Bilan nutritionnel
- Bilans ciblés
- Analyses spécialisées (test respiratoire SIBO, leaky gut, polymorphismes…)
Mise en place d’un protocole de supplémentation ciblant la prolifération microbienne et les fonctions altérées.
Le côlon, le territoire du microbiote
Le côlon reçoit ce que l’intestin grêle n’a pas absorbé. Il abrite la plus grande partie de notre microbiote, réabsorbe l’eau et façonne nos selles. Loin d’être un simple lieu d’élimination, c’est un organe métaboliquement très actif.
Dysbiose colique ou de l’intestin grêle ?
Les symptômes se ressemblent, mais quelques indices aident à situer l’origine du déséquilibre :
| Intestin grêle (SIBO) | Côlon (dysbiose colique) | |
|---|---|---|
| Moment des ballonnements | Rapide : 30 à 90 minutes après le repas | Tardif : plusieurs heures après le repas, souvent en fin de journée |
| Localisation | Haut du ventre, autour du nombril | Bas-ventre, sur les côtés ou tout autour de l’abdomen |
| Gaz | Renvois et flatulences | Surtout des flatulences, parfois très odorantes |
| Réaction aux fibres et aux FODMAP | Intolérance rapide et marquée, même aux aliments « sains » | Gêne variable selon les quantités, fibres souvent tolérées et nécessaires |
| Retentissement | Carences (fer, B12), selles grasses, perte de poids, fatigue | Troubles du transit, fragilisation de la barrière intestinale |
Ces repères orientent l’enquête, mais ne suffisent pas à poser un diagnostic : les deux situations peuvent coexister, et un test respiratoire est nécessaire pour confirmer un SIBO.
Votre microbiote colique est-il équilibré ?
Près de 40 000 milliards de micro-organismes, essentiellement des bactéries, vivent dans notre intestin, en grande majorité dans le côlon. Ensemble, ils remplissent des fonctions que notre corps ne sait pas assurer seul :
- Ils digèrent les fibres que nous ne savons pas digérer
- Ils produisent certaines vitamines, comme la vitamine K2 et des vitamines du groupe B
- Ils transforment les acides biliaires venus du foie
- Ils éduquent le système immunitaire et occupent le terrain face aux germes pathogènes
- Ils participent au métabolisme des œstrogènes, un lien direct avec l’équilibre hormonal
La diversité de ce microbiote compte : une faible diversité est associée à plusieurs troubles de santé, notamment métaboliques, ce qui en fait un indicateur utile, mais non suffisant à lui seul, de l’équilibre du microbiote. Elle peut être estimée par l’indice de Shannon, calculé lors d’une analyse du microbiote par séquençage. Ces analyses donnent des repères utiles, mais leur interprétation clinique est encore en cours de validation : je les lis toujours à la lumière de vos symptômes.
Bonnes ou mauvaises bactéries ? C’est plus nuancé. Une même bactérie peut être bénéfique ou nuisible selon sa quantité et son environnement. On distingue plutôt trois familles :
- Les bactéries symbiotiques, qui vivent en partenariat avec nous : chacun y gagne. En excès, certaines peuvent toutefois devenir gênantes.
- Les bactéries opportunistes, non pathogènes, mais qui, en excès, prennent la place des bactéries symbiotiques et nous privent de leurs bienfaits.
- Les bactéries pathogènes ou pathobiontes, qui deviennent nuisibles à partir d’une certaine quantité.
Quand l’équilibre entre ces familles se rompt, on parle de dysbiose. En micronutrition, j’utilise une grille de lecture qui distingue plusieurs profils de dysbiose. Elle ne remplace pas un diagnostic médical, mais m’aide à orienter la prise en charge :
| Dysbiose | Ce qui la caractérise | Origines fréquentes |
|---|---|---|
| Par appauvrissement du microbiote (côlon) | Perte de diversité et de bactéries bénéfiques | Alimentation pauvre ou restrictive, antibiotiques répétés |
| De fermentation (grêle ou côlon) : action de bactéries sur les glucides et fibres fermentescibles | Gaz audibles et ballonnements, fréquente dans le syndrome de l’intestin irritable | Antibiotiques répétés, manque de fibres prébiotiques, régime pauvre en FODMAP prolongé, diminution du pool biliaire |
| De putréfaction (grêle ou côlon) : action de bactéries sur les protéines | Excès de bactéries qui dégradent les protéines, production de composés irritants pour la muqueuse comme l’ammoniac, le sulfure d’hydrogène, les amines et les phénols responsables de gaz malodorants | Alimentation riche en viande et en graisses et pauvre en fibres, protéines mal digérées en amont (acidité gastrique insuffisante, IPP), diminution du pool biliaire |
| De sensibilité | Inflammation, motricité altérée, perte de tolérance envers le microbiote | Terrain génétique et immunitaire, souvent associée aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) |
Votre microbiote produit-il en assez grande quantité les molécules nécessaires à votre santé globale ?
Un microbiote sain et équilibré produit suffisamment d’acides gras à chaîne courte (AGCC), les plus connus étant le butyrate, le propionate et l’acétate, à partir de différents prébiotiques apportés par l’alimentation. Ces acides gras à chaîne courte ont un rôle essentiel dans notre santé, dû à la multiplicité de leurs effets. Ils permettent notamment de :
- moduler le microbiote
- préserver l’intégrité de la muqueuse intestinale
- favoriser une bonne motilité et la sécrétion de mucus
- moduler la sensibilité viscérale
- favoriser un bon transit
- moduler le système immunitaire (rôle anti-inflammatoire)
- moduler les signaux relatifs à la prise alimentaire
- jouer un rôle essentiel dans l’équilibre métabolique, notamment au niveau du métabolisme du glucose, des lipides, du cholestérol, et favoriser une bonne sensibilité à l’insuline
- exercer un effet protecteur au niveau cérébral et sur des fonctions neuronales
- jouer un rôle protecteur contre certains cancers et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin
En effet, ces acides gras à chaîne courte sont le carburant des cellules du côlon (butyrate) ou traversent les muqueuses intestinales (pour l’acétate et le propionate) pour rejoindre la circulation sanguine et ont des récepteurs un peu partout dans notre corps. Ils permettent de favoriser ou de temporiser les fonctions énoncées précédemment.
Comment votre microbiote impacte-t’il votre santé cardiovasculaire ?
Article de blog à venir
Comment votre microbiote impacte-t’il votre santé mentale ?
Comment le microbiote impacte l’élimination des œstrogènes ?
Lire l’article : Troubles digestifs et déséquilibres hormonaux : 7 liens clés
La muqueuse de votre côlon est-elle saine ?
Comme dans l’intestin grêle, la paroi du côlon est protégée par du mucus, des jonctions serrées et le système immunitaire. Le mucus y est organisé en deux couches : une couche interne, dense, qui tient les bactéries à distance de la paroi, et une couche externe, qui leur sert d’habitat. Quand les fibres manquent, certaines bactéries se rabattent sur ce mucus pour se nourrir et l’amincissent. Le butyrate issu de la fermentation des fibres renforce au contraire les jonctions serrées : un microbiote bien nourri protège sa propre barrière.
Avez-vous une bonne motricité colique ?
Le côlon réabsorbe l’eau et les électrolytes, puis fait progresser les selles par des contractions coordonnées. La durée de ce transit influence la composition du microbiote, et réciproquement. Un transit trop lent entraîne de la constipation, qui favorise la fermentation, la putréfaction et la dysbiose. Un transit trop rapide limite la réabsorption d’eau et donne des selles molles.
Comme pour l’intestin grêle, cette motricité dépend du système nerveux : le stress, via le système sympathique, peut la perturber dans un sens comme dans l’autre.
Mon intervention
Identifier les perturbateurs – Optimiser le terrain et le mode de vie (liste non exhaustive)
- Les fonctions digestives en amont : mauvaise mastication, perturbation de la fonction gastrique, sécrétion pancréatique ou biliaire insuffisante, dysbiose de l’intestin grêle
- Les aspects de terrain précédemment cités
Enquête sur les déséquilibres liés aux interconnexions avec les sphères hormonales, immuno-inflammatoires, nerveuses, par exemple :
- Un défaut de synthèse de neurotransmetteurs, une réponse immunitaire inadéquate…
La recherche et prise en charge des déséquilibres
- Bilan nutritionnel
- Bilans ciblés
- Analyses spécialisées du microbiote (profil de la dysbiose, AGCC)
Mise en place d’un protocole de supplémentation ciblant le rééquilibrage du microbiote.
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